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Paysan boulanger : abris en grumes, atelier et fournil

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Enregistré le: 04 Septembre 2017, 14:02

Paysan boulanger : abris en grumes, atelier et fournil

Messagepar Selene AP » 18 Septembre 2017, 16:29

INTRODUCTION

Sébastien Benoit est installé depuis 6 ans à La Brillaine (04) comme maraîcher-paysan-boulanger. Parti de 4 ha de champs en location il s'est peu à peu agrandi, diversifié et équipé, construisant et modifiant lui-même au maximum ses outils de travail. Pour lui l'autoconstruction est un moyen de faire au moins chers et au plus proche de ses envies et besoins. Il expérimente également différentes techniques dans ses champs, testant le semi-direct sous couvert, même si sa production en pâti, l'importance pour lui étant de réussir à atteindre la richesse d'un champ en friche avec un minimum de production. Il travaille aujourd'hui sur 11 ha dont 1 ha de petits fruits et figuiers, 1/2 ha de prairies, 2500 m² en maraîchage et le reste en céréales.

Chez Sébastien tout ou presque est autoconstruit : hangars, fournil, four à pain, poulaillers et il bricole et améliore sans cesse ses outils : trieur alvéolaire, nettoyeur séparateur, séchoir à fruits et motofaucheuse.


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CONTEXTE

Parcours : Après des études de physique fondamentale, Sébastien reprend la ferme de son oncle en conventionnel pour la convertir en bio puis en biodynamie mais la transmission ne fonctionne qu'un temps et il part finalement en Ardèche où il passe 3 ans en collectif, dans une coopérative Longo Maï. C'est la proposition d'une amie de s'installer sur ses terres qui le fait finalement revenir en PACA et s'établir à la Brillaine.

Nature de l'exploitation et des surfaces :
- 11 ha dont 1 ha de petits fruits et figuiers, 1/2 ha de prairies, 2500 m² en maraîchage, le reste en céréales : petit épeautre, engrain, maïs, sorgho, blé, millet + plantation arbres fruitiers (pistachiers, noix de pécan, oliviers...)
- semi-direct sous couvert en bio à l'essai depuis 3 ans mais pas très concluant : à la volée pas idéal car ne fonctionne pas sans la pluie et à la machine enfonce trop les graines
- bio et biodynamie sur certains aspects dans le but de concilier richesse des champs en friche avec un minimum de production
- achat de grain pour la farine : Sur sa surface il devrait pouvoir être autonome mais l'an dernier il n'a produit que 100 kg sur 8 ha car essais en semi-direct sur toutes les parcelles mais résultats peu concluants

Commercialisation : vente directe sur les marchés


1 - Abris pour le tracteur en grumes de bois

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Coût : Bois de la forêt proche et récup. Pour un coût total de ± 200€.

Temps du chantier : fait en 15 jours.

Besoin initial : Hangar pour le stockage et pour abriter le tracteur.

Conception : Autoconception totale de l'espace.

Superficie : Environ 25 m²

Choix de conception : Interêt général de Benoit pour la charpente. Conception assez intuitive en regardant ce qui existe. Seuls les dimensions posent question, mais il y a toujours la possibilité de demander conseil à des professionnels.

Choix constructifs :

- les poteaux sont directement prises dans le sol à une profondeur de 60 cm (ce système ne les protège pas d'une éventuelle remonté d'humidité ou de l'attaque des insectes, mais vue que le terrain est sec et pierreux le problème est évité dans ce cas particulier).
- Demi-ferme avec un petit appentis sur le côté plus haut.
- Les essences de bois choisies pour la charpente sont le chêne et l'acacia (directement disponible dans le bois à côté).

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Amélioration potentielle : renforcements en triangles pour la poutre centrale (la poutre centrale est surchargé par l'absence d'un entrait)



2 – Hangar Atelier


Coût : 2000€ (terrassement, bois acheté en scierie et tôles de couverture).

Besoin initial : Hangar pour le stockage, triage de grain et atelier.

Conception : Autoconception totale de l'espace.

Superficie : 50 m²

Temps et organisation du chantier : Assemblage des 4 fermes tout seule, aide pour le reste (4 mois de chantier sans compter le four)

Choix de conception : Interêt général de Benoit pour la charpente. Conception assez intuitive en regardant ce qui existe. Seuls les dimensions posent question, mais il y a toujours la possibilité de demander conseil à des professionnels.

Choix constructifs :

- les poteaux sont directement prises dans le sol à une profondeur de 70 cm (ce système ne les protège pas d'une éventuelle remonté d'humidité ou de l'attaque des insectes, mais vue que le terrain est sec et pierreux le problème est évité dans ce cas particulier).
- Fermes traditionnelles moisée avec liens de faîtage.
- Pannes en bois ( deux panne faîtières)
- Toit en « bacacier » directement fixé sur les pannes.
- L'espace est fermé par un brise-vue en toile tissée (le bâtiment n'est donc pas vraiment fermé, ce qui empêche une possible prise au vent).

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3 – Fournil

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Coût : environ 9000 €

Besoin initial : Un fournil pour faire ses propres fournées.

Conception : Autoconception totale de l'espace. L'achat serait été trop chère et ne serait pas été adapté à ses besoins. « Faire soit même permet d'avoir quelque chose au plus proche de ses envies. »

Temps et organisation du chantier : 4 mois de chantier sans compter le four, il a assemblé les 4 fermes toute seule, aide pour le levage.

Superficie :

50 m² de l'extérieur (compris les murs qui font 45 cm d'épaisseur)
27 m² l'intérieur du fournil sans compter l'espace dédié au four.

Choix de conception :

Structure : Interêt général de Benoit pour la charpente. Conception assez intuitive en regardant ce qui existe. Seuls les dimensions posent question, mais il y a toujours la possibilité de demander conseil à des professionnels.

Espaces :

- Deux portes-fenêtres et deux fenêtres assurent de la lumière naturelle.
- Le four se trouve au nord.
- Au sud reste la place pour un possible agrandissement de l'espace de stockage.
- Le dépassé de toiture crée un espace parfait pour le stockage du bois et d'autres choses qui nécessitent d'être abrités.
- L'entrait de la charpente centrale est utilisé pour stocker des objets légers.

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Choix constructifs :

Fournil :

Structure :
Fondations en béton
Fermes en bois fixées à la dalle par des platines boulonnées.
L'essence utilisé pour toutes les parties bois du bâtiment est le douglas (choix possible entre douglas et mélèze, mais le mélèze se tord en séchant).
Fermes traditionnelles moisées avec contre-fiches.
La dernière charpente, qui définit l'espace du four, est formée par un sorte de linteau qui, renforcé par deux contre-fiches, soutient les deux arbalétriers.

Murs :
Bardage intérieur en lames de bois (douglas)
Chevrons bois pour soutenir le bardage.
Isolation en bottes de paille (40 cm).
Chevrons bois (7,5 cm) vissées sur les poteaux comme support pour le bardage.
Pare-pluie.
Suit un bardage en bois extérieur à la suédoise.

Plafond:
Toit en tôle.
Pare-pluie.
Isolation paille en galettes.
Lattes bois vissées sur les charpentes.

Portes et fenêtres acheté neuves.
Sol en lattes de bois (les jours qui restait ont été comblé par du PVC).

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Four : Le four est entièrement autoconstruit, récupéré gratuitement chez une personne qui voulais s'en libérer. Sébastien a donc démonté les briques une par une pour les ré-assembler dans son nouveaux fournil ; un travail minutieux, mais qui lui a permis d'avoir un four sans acheter des briques réfractaires.

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Si c'était à refaire :

Le bardage du plafond est fixé directement sur les arbalétriers des charpentes et sur des traverses fixées aux pannes qui descendent à l'hauteur des arbalétriers (distance entres les traverses/arbalétriers : 1,5 m).
Pour cette raison certains lattes, qui tiennent sur le vide, commencent à s'ouvrir e à avoir de problèmes à rester en place.

Sébastien explique que des traverses à moins de 1 m aurait évité le problème, mais attention aux poids ! En effet, seulement des calculs serait en mesure de nous dire si ce système pourrait être structurellement soutenable pour les charpentes.

En outre, la mise en place d'un film pare-vapeur ou d'un grillage aurait pu tenir en place la paille et la rendre indépendante de la structure.

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Ces travaux de recensement bénéficient du soutien financier de l'Europe et du RÈseau Rural National, par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l'Atelier Paysan sur "L'innovation par les Usages, un moteur pour l'agroÈcologie et les dynamiques rurales" (2015-2018), dont la FNCUMA, la FADEAR, l'InterAFOCG, AgroParisTech et le CIRAD sont partenaires.

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