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Transmission d'une ferme laitière vers deux maraîchers

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Transmission d'une ferme laitière vers deux maraîchers

Messagepar Richard Huttier » 25 Janvier 2019, 08:11

Ferme de Montplan (Elodie Sammane & Jérémy Coeur)
Analyse d'un cas 3 ans après la cession
Cas d'un bâtiment partagé, séparation entre les deux exploitations
Bâtiment simple à reprendre, espace unique
À partir d'une ferme d'élevage, comment passer sur une installation de deux maraîchers ?

Luc Chavassieux est un éleveur de vaches laitières installé à Chaussan, dans le département du Rhône, aux portes du terroir agricole des Monts du Lyonnais. Il dispose de 32,5 hectares, et cultive des petits fruits en complément de son activité laitière. Il reprend l'exploitation familiale en 1990, et travaille jusqu'en 1994 avec l'étable familiale. C'est une étable typique des coteaux lyonnais, accolée à l'habitation. Afin d'agrandir son troupeau (à 25 vaches) et travailler dans de meilleures conditions, il se fait construire une nouvelle étable indépendante, qu'il utilise de 1994 à 2015, année de sa transmission.

L'autoconstruction est écartée à l'époque par manque de temps. Il missionne alors un maçon et un charpentier pour lui monter un bâtiment en kit. Luc pose 4 exigences ergonomiques pour son nouvel outil de travail : gestion du fumier et du lisier facilitée, une salle de traite bien dimensionnée, une protection efficace contre le vent (au Montplan, il y a beaucoup de vent), et beaucoup de place dans le couloir de distribution.

Le mode de logement de l’élevage choisit est l'aire paillée, avec fosse a lisier sous une aire d'exercice en caillebotis béton. Celà évite le raclage journalier de l'aire de couchage et facilite la gestion du lisier, qui est récupéré par gravité dans une fosse sous le caillebotis, brassé, mixé automatiquement et pompé à la demande dans l'épandeur. C'est une installation typique des années 90. La salle de traite est décaissée pour faciliter la pose des gobelets trayeur, accueille 4 vaches et organise un chemin de traite efficace dans l'étable. C'est d'ailleurs a posteriori le seul point problématique du bâtiment. La fosse de la salle de traite est restée très pénible à l'usage, à cause des marches à descendre. Le tank à lait est disposé dans un appentis à l’extérieur du bâtiment. Le stockage de la paille se fait au-dessus de la salle de traite, et permet un étalement rapide de la litière sur l'aire paillée. C'est ici que ce font les vêlages. Les veaux sont ensuite logés dans l'ancienne étable. Le bâtiment est protégé du vent par un bardage à claire-voie vertical sur les quatre cotés, ce qui maintient une aération acceptable. Le dispositif d'ambiance est complété par un faîtage ouvert dos aux vents dominants au droit de la fosse à lisier. Le fourrage est stocké principalement dans un tunnel opaque à proximité de l'étable, et un stockage tampon est possible dans l'étable, dans le couloir de distribution.

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Le bâtiment de Luc et son organisation
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En 2015 Luc cherche à transmettre sa ferme, avec l'idée de trouver rapidement quelqu'un. L'enjeu foncier est très important, car la ferme se situe à moins de 30 km du centre-ville de Lyon. Luc est très attentif au processus de transmission. Son objectif est que ce bâtiment d'élevage ne soit pas abandonné. Il a donc anticipé la transmission en veillant à plusieurs points. Les compteurs d'eau et d'électricité sont séparés entre sa maison d'habitation (à proximité du bâtiment) et son exploitation. De même, les accès sont séparés, et qu'une haie ne ménage aucune vue de l'un sur l'autre.
Son idée est de trouver un porteur de projet en ovin, caprin ou maraîchage, et se refuse à laisser son bâtiment à l'agrandissement d'une ferme laitière voisine.

Il rencontre Élodie en 2017, qui cherche à s'installer maraîchère. Elle fait à la fois de la vente directe, un marché et une livraison hebdomadaire sur une épicerie lyonnaise. Elle visite l'ancienne étable et le bâtiment, et s'entend avec Luc. Il lui loue son bâtiment, 3,5 ha et le tunnel de stockage attenant, sur un bail de 9 ans. Elle utilise sa DJA pour s'équiper en serre, en filet brise vents tout autour et en irrigation. Le tunnel vert de stockage sert pour moitié d'abris aux moutons et pour le reste de machines de travail du sol. L'aménagement intérieur du bâtiment n'est pas du tout pensé, et l'espace est occupé petit à petit au gré du quotidien. Elle ménage une petite aire de logement pour quelques moutons dans le bâtiment, au bout du couloir de distribution, a des fins d'autoconsommation. Les petits matériels sont stockés sur des étagères. Le stockage des légumes se fait au départ dans une cave sous la vielle étable de Luc. Elle utilise le bâtiment pour le lavage et le conditionnement des légumes.
Jérémy s'installe en 2018 en maraîchage également, sur 4 ha à proximité (-1 km) du bâtiment. Il propose de la vente directe, de la cueillette aux champs, des livraisons sur des épiceries (comme Élodie).


Un accord est passé avec Luc et Élodie, et Jeremy s’installe dans le bâtiment. Son arrivée implique un partage de l'espace, une séparation des compteurs et donc une organisation précise. Les besoins d'aménagement sont donc mieux définis par chacun, et des zones communes sont délimitées :
La salle de traite servira de local pour un alambic déclaré commun, à des fins d'autoconsommation. La mezzanine, au-dessus, servira de salon, bureau et cuisine d'appoint pour les deux exploitations. L'aire en caillebotis accueillera l'atelier de lavage et de conditionnement. Sa position centrale dans le bâtiment est un atout et facilite l'accès aux deux maraîchers. Le local rajouté du tank à lait sera transformé en petit labo de transformation de légumes.
Jérémy va ensuite installer sur sa zone un grand box hors gel en panneaux sandwich de 30 m². Il va investir dans une chambre froide de 8 m², et Élodie en louera 1 ou 2 m². Le reste de son espace sera dédié à un petit atelier mécanique, et a une aire de chargement. Il va aussi se construire un appentis au-dessus de son accès, pour gagner en confort et en stockage. Jérémie à moins de besoins de stockage de petits matériels dans ce bâtiment. Ces terres, n'étant pas a proximité, il dispose d'un tunnel à lui au milieu de ses champs pour du stockage et de la vente directe.

Élodie va s'installer une zone hors gel comprenant une chambre à endives, une chambre chaude à courges et une chambre à patates. Le reste de son espace est dédié au stockage de petit matériel.

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Le réaménagement du bâtiment par Jérémy et Élodie
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Ces travaux de recensement bénéficient du soutien financier de l'Europe et du Réseau Rural National, par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l'Atelier Paysan sur "L'innovation par les Usage·R·E·s, un moteur pour l'agroécologie et les dynamiques rurales" (2018-2021).

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