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Autoconstruction / expérimentation : habitation et chèvrerie

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Enregistré le: 29 Janvier 2015, 08:03

Autoconstruction / expérimentation : habitation et chèvrerie

Messagepar jonas » 17 Juin 2015, 08:58

LES CABRIOLES

La ferme des Cabrioles est l’élevage caprin de Cécile et d’Ingrid qui ont autoconstruit la bergerie de l’exploitation et leur habitation. L’intérêt de cette autoconstruction réside dans la diversité des techniques constructives utilisées (bois cordé, mur en terre crue, mur en terre/paille, charpente et bardage bois, auto-installation de la phytoépuration...) et du confort pensé pour les animaux (autoconstruction de cornadis, armoire à homéopathie, abreuvoir sur mesure, bergerie isolée en paille...).
Installée depuis 2004 dans le magnifique massif des Bauges, à Saint-François de Sale, Cécile débute avec 16 chèvres. Aujourd’hui, c’est un troupeau de 36 chèvres, dont le lait est transformé en fromage.
En 2009, la construction commence et se poursuit jusqu’à la dernière lame de bardage en 2013. 450m² ont été édifiés en comptant la partie habitation inclue) sous les exigences paysagères de Cécile. La fromagerie (cave) a été faite à côté, enterrée dans la pente.

Panorama bergerie façade.jpg
Façade est de la bergerie : on peut voir la toiture louée pour une installation photovoltaïque.
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Panorama bergerie angle.JPG
Bardage bois dans les angles nord et ouest de la bergerie.
Panorama bergerie angle.JPG (3.3 Mio) Vu 3212 fois

• Historique :
o Nature de l’exploitation et surfaces : bio, élevage caprin sur 9 ha avec 36 chèvres (environ 55L transformé en fromage)
o Besoin initial : chèvrerie et habitation
o Bâtiments existants : aucun
o Conception : faite par Cécile (et des aides)
o Clef de détermination :
− Insertion dans le paysage (aspect extérieur)
− Pour la chèvrerie : pas de couloir central (par expérience, les chèvres veulent traverser d’une aire à l’autre. Cécile voulait éviter d’avoir deux aires paillées)
− Habitation orientée au sud ; chèvrerie à l’est (soleil du matin pour les animaux)

o Référence en amont : visite des fermes alentours
o Parcours réglementaire :
− Type de zone : agricole
− PC : le permis de construire a été fait par Cécile, aidée par l’association ASDER (association savoyarde pour le développement des énergies renouvelables)
− Remarque : dans les petites communes, la décision de la mairie suit souvent l’avis de la DDT

o Inauguration du bâtiment : entrée des chèvres en 2010 ; finitions de la maison en 2013

Panorama bergerie parking copie.jpg
Perspective éventrée du bâtiment : on peut comprendre facilement la répartition en longueur : à gauche l'aire paillée ; au milieu un couloir d'alimentation ; à droite le stockage.
Panorama bergerie parking copie.jpg (816.26 Kio) Vu 3212 fois


• Construction :
neuve
o Coût global (chèvrerie et maison) : 200 000€ (dont 56 000 € en subvention)
o Superficie totale : 450 m² (environ 100m² pour la maison)
o Choix constructifs : le but de cette autoconstruction était une exploration de techniques constructives différentes et variées.
− Bardage bois sur deux côtés de la chèvrerie
− Bois cordé pour le mur est de la chèvrerie
− Isolation paille au-dessus de l’aire paillée des chèvres
− Pisé : terre crue banchée : mur de séparation habitation / chèvrerie
− GREB : technique canadienne alliant une structure bois, de la paille, et un mortier
− Terre et paille pour les murs de l’habitation
− Cave d’affinage en moellons (et voute avec pierres apparentes)
− Charpente bois local

o Particularités :
− Phytoépuration en trois bassins. L’assainissement collectif ne vient pas jusqu’à la ferme.
− Installation photovoltaïque : une entreprise qui revend de l’énergie solaire électrique s’est installée sur les toits. En échange, l’entreprise a payé la couverture et verse un loyer mensuel pour la location de la toiture. Toute l’électricité produite est revendue.

o Défauts constructifs :
− Le drainage de l’eau : la construction étant située dans la pente, l’eau de pluie s’infiltre et ressort dans la chèvrerie.
− Le mur en bois cordé est gratté par les chèvres (et leur cornes) ce qui oblige à le refaire tous les ans.

photo.jpg
Quatre aménagements qui changent la vie de la chèvrerie de Cécile
1. une armoire à Homéopathie mettant à disposition tous les flacons
2.Cornadis autoconstruits pour le confort des chèvres (plus larges)
3.Abreuvoir sur mesure : l'abreuvoir en hauteur évite que les chèvres ne la salissent
4.Pont pour la table de traite : les chèvres y montent et sont à hauteur pour une traite moins fatigante
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• Autoconstruction : partielle
o Lots des professionnels
− terrassement (l’entreprise de terrassement a aussi creusé les fouilles pour les fondations)
− électricité de la chèvrerie (à cause des normes)
− charpente et couverture

plan.jpg
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cave.jpg
Cave semi enterrée : construction en moellons / voûte en pierre apparente. Ergonomie : un lavabo à l'entrée permet de respecter facilement l'hygiène de la cave.
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• Usage :
o Organes internes :
− Aire paillée (dont une partie est dédiées au agneaux)
− Aire d’attente
− Zone de traite à la main (aménagée d’un pont pour faire monter les chèvres à hauteur)
− Silo pour le stockage du grain (5 tonnes)
− Stockage foin et paille
− Bureau inséré dans l’habitation
− Atelier de bricolage

o Ergonomie :
− Couloir d’alimentation latéral de manière à ce que les chèvres ne soient pas divisées
− Pont permettant aux chèvres de monter sur une plate-forme de traite à la main
− Abreuvoir sur mesure
− Cornadis sur mesure (ceux du marché étant trop étroits, ce qui réduit le confort des chèvres)


• Si c’était à refaire !
o Paille avec mortier (technique GREB) c'est le plus rapide et plus facile à mettre en œuvre ! La paille avec enduit terre demande trop de temps de séchage!
o En revanche, l'implication dans une autoconstruction de cette ampleur nécessite tellement d'énergie et de temps que Cécile hésiterait (fortement) à se relancer dans une aventure du type. Le poids de la satisfaction de construire, d'aménager son lieu selon ses exigences et sa manière de travailler, peut sérieusement être contrebalancé par un épuisement moral et physique...



Messages: 1
Enregistré le: 04 Octobre 2018, 08:55

Re: Autoconstruction / expérimentation : habitation et chèvr

Messagepar stephhubert » 04 Octobre 2018, 09:02

Bonjour,
Bravo pour ce reportage complet.
Nous devons reprendre une partie de toiture d'une grange écroulée.
Nous souhaiterions fixer une muraillère (section 12*24) dans le pisé, pour pouvoir supporter des chevrons.
La question : comment fixer la muraillère dans le pisé (tire-fonds avec chevilles / scellement ciment prompt...) ? Quels espacements minimum pour une muraillère de 4 m ?
Merci de vos retours,
Cordialement,
Stéphane.

Messages: 1
Enregistré le: 05 Octobre 2018, 12:40

Re: Autoconstruction / expérimentation : habitation et chèvr

Messagepar Richard Huttier » 05 Octobre 2018, 13:18

Pour fixer dans du pisé, il faut d'abord regarder l'état du pisé :arrow: :
  • un pisé récent et propre tolère très bien des gougons d'ancrages bien longs type SPIT (12 cm minimum de pénétration). Il ne faut pas hésiter lors du perçage initial : les 3 premiers centimètres vont s'effriter, mais dès que la mèche à béton sera bien guidé le reste va bien suivre. Un ancrage tous les 30 cm alternés en zig zag le long de la muraillère.
  • Pour un pisé plus fatigué et sans trop de granulats, de grands tire-fonds style bichromaté 8*160 très réguliers (15/20 cm) en zig zag.
  • S'il y a vraiment beaucoup de cailloux, il faut faire un scellement : faire un trou de la taille d'un déodorant (donc assez large et très profond), remplir de mortier et positionner dans le même temps une cheville.

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