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Trieuse à Houblon Autoconstruite

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Trieuse à Houblon Autoconstruite

Messagepar Charles AP » 04 Février 2019, 15:32

Christian Garland est l’un des tout premiers paysans brasseurs de France. A l’origine, la ferme produisait du fromage de brebis et des céréales vendues en coopérative. En 1992, devant l’obligation de mettre aux normes la fromagerie, sa femme et lui décident de changer de cap et se lancent dans la brasserie. Un choix qui, à cette époque, leur impose une autonomie qu’ils ne faisaient jusque-là que désirer. Etant donné l’absence d’une filière brassicole autre qu’industrielle, l’autoproduction et l’autoconstruction était une obligation. 25 ans plus tard, non sans efforts, le pari de l’autonomie est remporté : la ferme est en mesure de produire et transformer toutes ses matières premières et Christian en est à sa troisième brasserie-malterie autoconstruite. La dernière est particulièrement bien conçue, notamment en ce qui concerne l’ergonomie, un aspect que l’âge et l’expérience obligent à considérer. Aujourd’hui, la brasserie est reprise par ses filles, Julia et Flora, et semble promise à un bel avenir


Présentation
Une fois les lianes de houblon récoltées, il est nécessaire de séparer les fleurs (ou cônes) et les feuilles de la liane puis de les trier ensuite pour ne garder que les fleurs. Il s’agit d’une tâche longue et pénible. Lorsqu’elle est réalisée à la main, on compte une heure de travail par liane. Des machines existent à la vente mais sont surdimensionnées et/ou trop chères pour qui ne cultive que de petites surfaces.
La ferme brasserie Garland a donc décidé d’autoconstruire en 2018 une trieuse correspondant à ses besoins en termes de prix et de dimensionnement. Ainsi, ils se sont inspirés d’une machine américaine, le Hopster 5p de chez Hopharvester, prévue pour être conduite par un seul opérateur, fournissant un travail propre et une cadence moyenne de 60 lianes par heure (ce qui est acceptable pour la récolte d’une culture d’environ un hectare). La principale différence de la machine de Garland réside dans le fait qu’elle est électrique alors que le Hopster 5p fonctionne sur prise de force de tracteur, permettant ainsi de travailler au champ (ce qui ne présentait pas d’intérêt pour la brasserie).


[b]Caractéristiques
Dimensions :[/b] longueur 3,5 mètres (une demi-liane)
Poids : 800 kg
Motorisation : électrique, triphasée
Capacité : 60 lianes par heure (sans refaire de tri)
Perte : environ 20 % (sans refaire de tri)
Coût (global : environ 10 000 €) :
• Tapis : 1700 €
• Doigts de plumeuse (350) : 250 €
• Electronique (tableau, variateurs, etc.) : 2000 €


Construction et fonctionnement
La dé-Konneuse a été conçue par Christian Garland et construite avec l’aide d’un lycée agricole. La structure est faite de tubes d’acier carrés (40 X 3) et le carénage de panneaux en plastiques de récup (intercalaires pour palette de bouteilles). La machine comprend un convoyeur guidant la liane dans la machine, quatre batteurs arrachant les feuilles et les fleurs de la liane et un système de tapis séparant les feuilles des fleurs. L’ensemble fonctionne grâce à des moteurs électriques (neufs et de récup) dont la vitesse de rotation est contrôlée par des variateurs de fréquence rassemblés au sein d’un tableau électrique muni d’un écran tactile. La machine a un poids total de 800 kg et est montée sur plateau pour permettre les déplacements (au sein et à l’extérieur de la ferme).

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Le convoyeur
Son rôle est d’entrainer la liane au travers de la machine. Il consiste en un câble en acier reliant deux roues horizontales sur lequel est fixé, à l’aide d’un serre-câble, un crochet permettant d’attacher les lianes.

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Motorisation : moteur de récupération équipé d’un motoréducteur à renvoi d’angle dont la vitesse est contrôlée par un variateur de fréquence.

Guidage de la liane : une vis sans fin située à l’arrière de la machine permet de ramener la liane vers le centre de la machine pour augmenter l’efficacité des batteurs. Un fût en inox soudé à la roue de retour du convoyeur empêche la liane de passer sous la roue.

Améliorations :

• Ajouter au moins un crochet sur le câble permettrait de pour pouvoir passer plusieurs lianes à la fois ;
• Le système de centrage de la liane ne marche pas bien car le retour du convoyeur est trop proche de la vis sans fin. Allonger le rail du convoyeur de convoyage pour éloigner le point de retour de la vis sans fin permettraitet d’améliorer le centrage

Les batteurs
Quatre batteurs permettent de séparer les feuilles et les fleurs des lianes, ils sont fabriqués avec des tubes de PVC pression de 240 mm de diamètres sur lesquels sont fixés 65 doigts de plumeuse en caoutchouc (répartis en 5 rangées de 13). L’axe central est fixé dans des flasques en aluminium de 40 mm d’épaisseur emboitées aux extrémités du tube PVC. La rotation est assurée par des paliers situés de part et d’autre de la machine.

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Motorisation : Un moteur électrique neuf assure l’entrainement de chaque couple de batteurs. Leur vitesse est contrôlée par un variateur de fréquence.

Des réglages à trouver : Le sens et la vitesse de rotation des batteurs peuvent être modifiés grâce au variateur de fréquence contrôlant les moteurs. La hauteur modulable du couple inférieur de batteurs permet de régler l’espacement entre les batteurs. Pour permettre un travail propre et efficace, il reste nécessaire de passer du temps à trouver les réglages fins, ce qui n’est pas évident dans l’urgence de la récolte.

Les tapis
La séparation entre les feuilles et les cônes est assurée par des tapis gaufrés inclinés. La texture du tapis retient les feuilles (qui tombent sur le tapis suivant) tandis que les fleurs roulent sur elles-mêmes et tombent sur un tapis convoyeur horizontal, passant en dessous des tapis gaufrés, qui les amène jusqu’à un bac de récolte situé sous la machine. Il y a trois tapis gaufrés montés en série pour permettre trois tris successifs.

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Les tapis gaufrés :
ils sont faits en caoutchouc et sont munis de petits trous. Une ventilation s’insérant dans l’espace entre l’aller et le retour du tapis permet d’aspirer les feuilles et de les plaquer contre la surface du tapis.

Le tapis convoyeur : lisse et horizontal, il passe sous les 3 tapis gaufrés inclinés pour récupérer les fleurs triées par ces derniers et les amène au bout de la machine où elles tombent dans un bac de récolte.

Motorisation : tous les tapis sont entraînés par un seul moteur de récup (P = 1,5 kW) équipé d’un motoréducteur à renvoi d’angle dont la vitesse de rotation peut être adaptée grâce à un variateur de fréquence. Des chaînes assurent la transmission du moteur à l’ensemble des tapis (tournant donc tous à la même vitesse et dans le même sens).
Un dernier tri par ventilation : certaines fleurs restent attachées en grappe et sont donc traitées comme des feuilles par les tapis. Une ventilation ajoutée à la sortie du dernier tapis souffle les feuilles au loin mais laisse passer les grappes qui s’accumulent à la sortie pour être séparées à la main.

Améliorations :
• Lorsque les feuilles et les fleurs quittent un tapis, elles tombent sur le tiers supérieur du tapis suivant, ce qui laisse peu de trajet pour réaliser le tri. Ecarter les tapis d’une vingtaine de cm permettrait de rallonger le parcours sur chaque tapis et donc l’efficacité du tri
• La dépressurisation des tapis ne fonctionne pas bien car il y a trop de fuites d’air. La ventilation devrait aspirer uniquement par les trous du tapis qui sont en contact avec les feuilles (pendant son trajet « aller »). Pour résoudre ce problème, il faudrait mettre une plaque dans la partie inférieure de l’espace entre l’aller et le retour afin d’obstruer les trous du tapis durant son trajet retour. Cela permettrait de mettre toute la ventilation à profit des trous du tapis durant son trajet aller.

Points forts
• 2 (voire 3) opérateurs
• Déplaçable (permet d’être partagées par plusieurs brasseurs)
• Légère et peu volumineuse
• Bon marché pour une machine neuve
• Permet de réaliser plusieurs tris successifs. Si le résultat n’est pas satisfaisant, le bac récolté peut être réintroduit au niveau du premier tapis pour être retrié.

Limites
• Besoin de temps pour trouver les réglages
• Beaucoup de pertes (sans refaire un tri)

Ces travaux de recensement bénéficient du soutien financier de l’Europe et du Réseau Rural National, par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l’Atelier Paysan sur "L’innovation par les Usages, un moteur pour l’agroécologie et les dynamiques rurales" (2015-2018), dont la FNCUMA, la FADEAR, l’InterAFOCG, AgroParisTech et le CIRAD sont partenaires.

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