Récolteuse à brins d'osier

Lucas AP
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Récolteuse à brins d'osier

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Cette chronique a été rédigée par Ellyn CASSOU, suite à une Tournée de Recensement des Innovation Paysannes (TRIP) qu'elle a réalisé du 23 au 27 novembre 2020.
Introduction & contexte :
Jean-Luc Guichard est un osiériculteur en Indre-et-Loire, grosse région historique d’osiériculture. En effet, les brins d’osiers étaient jadis utilisés pour attacher les vignes. Jean Luc-s’est installé en 1986 avec 5,5 ha, maintenant que sa femme ne travaille plus avec lui il n’en a gardé que 2,5 ha. Il vend son osier à des artisans vanniers. Dans peu de temps, il aimerais transmettre sa ferme à un producteur d’osier mais il y a peu de candidats à la reprise dans ce secteur…
Petit point sur la culture de l’osier… :


L’osier est en réalité un taillis à rotation courte de saule. On peut le cultiver au ras du sol ou alors sous forme de « tétard »  ou « tronche ». Dans tout les cas le produit récolté sont des rejets végétatifs ou pousses annuelles du saule. Le saule est une plante pérenne et a une durée de vie de 25 ans.
Figure 1 : Rejets végétatifs avant la récolte
Figure 1 : Rejets végétatifs avant la récolte
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On le récolte en hiver après la chute de ses feuilles, il souffre de peu de maladies mis à part la rouille et grâce à son porté haut la compétition avec des adventices n’est pas une contrainte majeure. La densité de semi est faible car on recherche à obtenir des rejets relativement grand donc étiolés. Le rendement de Jean Luc est de 1t d’osier par ha. Le travail de tri et de préparation de l’osier est conséquent puisqu’une botte de brins est en moyenne manipulée 12 fois !
Figure 2 : Rejets végétatifs après la récolte
Figure 2 : Rejets végétatifs après la récolte
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La récolteuse d’osier :

Puisque la culture de l’osier est peu commune, peu d’outils lui sont adaptés. Jean-Luc a donc décidé de fabriquer sa propre récolteuse. Pour cela il a adapté un outil de récolte les bourgeons de carottes et cassis. De cet outil il n’a globalement gardé que le convoyeur motorisé (2) afin d’acheminer l’osier depuis la zone de coupe (1) jusqu’au bac de récollection (3).

L’agencement spatial de ces trois zones et leurs fonctionnements sont représentés ci-après.
Figure 3 : Schéma de fonctionnement de la récolteuse à osier.
Figure 3 : Schéma de fonctionnement de la récolteuse à osier.
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Construction :

La construction de cette machine est passée par plusieurs phases d’amélioration:

- D’abord, Jean Luc a remplacé les barres de coupe de l’outil par deux scies circulaires. Le choix de l’acier plutôt que le carbone est fait pour que les lames puissent s’entrechoquer (en cas de mouvement brusque du tracteur). Le désavantage de l’acier est qu’il faut savoir l’affûter.
- Jean Luc a ensuite ajouté des guides servant à orienter la course du brin d’osier et éviter le bourrage
Figure 4 : Photos annotées des différents guides présents dans l’outil.
Figure 4 : Photos annotées des différents guides présents dans l’outil.
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- Enfin, il a ajouté un bac de récollection à l’arrière de l’outil. En effet, avant il fallait être deux personnes pour récolter: une pour conduire le tracteur et une autre pour attraper l’osier et le mettre en botte. Maintenant l’osier tombe directement dans le bac.

1/ Construction de la zone de coupe :

Afin de remplacer des barres de coupes par deux scies circulaires il est nécessaire de posséder:
- deux plaques en fer plat comme supports des moteurs hydrauliques et des disques (20x20 cm)
- deux moteurs hydrauliques (1600 tours/minutes)
- deux disques de disqueuses (D=350mm, 100 dents)

Il est nécessaire de laisser un jour là où s’insèrent les moteurs sur la plaque car, avec l’affûtage, la dimension des disques va varier.
Figure 5 : Schéma de la zone de coupe
Figure 5 : Schéma de la zone de coupe
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2/ Construction du bac de récollection :

Pour le bac il a fallu :
- 5 plaques d’OSB (voir dimentions sur les représentations)
- De la « quincaillerie » pour joindre les plaques entre elles et faire un système d’attaches pour la partie amovible.

Sur les plaques mises en longueurs on fait une encoche au niveau des deux extrémités opposées. Cet encoche est un espace pour l’arrivée du convoyeur. On fait deux encoches afin de pouvoir tourner le bac une fois qu’il est à moitié plein. En effet, puisque la cime de l’osier est plus fine que sa base on cherche à empiler l’osier « pied sur cime » pour gagner de l’espace.

Il est aussi nécessaire de penser à une partie amovible pour faciliter la récollection de l’osier une fois le bac plein.
Figure 6 : Schéma du bac de récollection
Figure 6 : Schéma du bac de récollection
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Pour l’ensemble de ce matériel, il est nécessaire de posséder environ 1400 euros et 2 journée de travail d’assemblage.


Si c’était à refaire ?


Globalement, Jean-Luc est satisfait de l’outil. Afin d’optimiser les aller-retours du champs à la ferme, Jean-Luc pense à confectionner 3 bacs de plus. Les bacs remplis seraient stockés sur une remorque et Jean-Luc n’aurai qu’un seul aller-retour à faire afin de récolter dans 4 bacs au lieu d’1.



Ces travaux de recensement bénéficient du soutien financier de l’Europe et du Réseau Rural National, par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l’Atelier Paysan sur "L’innovation par les Usage·R·E·s, un moteur pour l’agroécologie et les dynamiques rurales" (2018-2021).

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